Le Maroc revient en force dans les médias internationaux pour trois raisons majeures : la formation d'un nouveau gouvernement après les élections législatives, la publication d'un rapport d'Amnesty International sur la surveillance, et plusieurs dossiers diplomatiques sensibles. La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri comme cheffe du gouvernement constitue une première dans l'histoire du pays. Les résultats définitifs des législatives du 23 septembre 2026 ont bouleversé l'équilibre politique antérieur. Cette actualité s'inscrit dans un contexte de fortes tensions régionales et de transformations institutionnelles.
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM) et le Parti de l'Istiqlal se partagent les premières places selon les résultats publiés par les autorités marocaines. Le PAM arrive en tête avec 97 sièges sur 395, suivi du RNI avec 66 sièges et de l'Istiqlal avec 65 sièges, selon les données rapportées par Le Matin et maroc-diplomatique.net. Aucun parti n'atteint les 198 sièges nécessaires pour obtenir une majorité absolue, ce qui rend indispensable la formation d'une coalition. Le taux de participation s'élève à 38,02 %. Le Parti de la justice et du développement (PJD) remonte à 54 sièges, contre 13 en 2021, et se place dans l'opposition.
Le 29 septembre 2026, Fatima Ezzahra El Mansouri a été nommée cheffe du gouvernement par le roi Mohammed VI, une première dans l'histoire du Maroc. Elle conduit depuis des consultations en vue de former une coalition associant le PAM et la Koutla, qui regroupe l'Istiqlal, l'Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Au 5 octobre 2026, aucun accord final ni répartition des portefeuilles ministériels n'avait été annoncé, selon Le Matin et maroc-diplomatique.net. Les conseils nationaux du PAM, du RNI et de l'Istiqlal ont autorisé leurs dirigeants à négocier dès le 3 octobre.
La première session parlementaire de la nouvelle législature s'ouvre le vendredi 9 octobre 2026. Cent sept femmes siégeront à la Chambre des représentants, un chiffre qui traduit une progression de la représentation féminine. Le projet de loi de Finances 2027 doit être déposé avant le 20 octobre, ce qui impose au futur gouvernement de travailler dans un calendrier serré. Ces échéances constituent un test immédiat pour la coalition en formation.
Le Parti de la justice et du développement, qui avait subi une défaite historique en 2021 avec seulement 13 sièges, revient avec 54 élus selon les résultats officiels. Ce retour marque un rééquilibrage du paysage politique marocain après cinq années de marginalisation parlementaire. Le PJD a annoncé qu'il siégerait dans l'opposition, ce qui lui permet de critiquer l'action gouvernementale sans en porter la responsabilité. Cette position pourrait lui servir de tremplin pour les prochaines échéances électorales.
Amnesty International a publié le 6 octobre 2026 un rapport intitulé « We Start With the Verdict: Inside Morocco's Surveillance Machine », coordonné avec Forbidden Stories et quatorze médias internationaux, selon Al Jazeera. Le rapport accuse la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) d'avoir utilisé le logiciel espion Pegasus contre des journalistes, des militants et des avocats entre 2017 et 2021. Il cite 103 numéros ciblés, dont 65 appartenant selon l'organisation à la société civile, fin 2017. Les autorités marocaines rejettent ces accusations et réclament des preuves matérielles.
Pegasus est un logiciel espion développé par la société israélienne NSO Group, capable d'infecter un téléphone sans interaction de l'utilisateur et d'en extraire messages, appels, localisation et données stockées. Ce type d'outil est généralement réservé, selon ses concepteurs, à la lutte contre le terrorisme et la criminalité grave. Son utilisation présumée contre des journalistes et des défenseurs des droits humains a déjà suscité des controverses dans plusieurs pays. Le rapport d'Amnesty International s'inscrit dans une série d'enquêtes menées depuis 2021 sur ce sujet.
Les autorités marocaines contestent fermement les conclusions du rapport d'Amnesty International et affirment qu'aucune preuve matérielle ne vient étayer ces accusations. Rabat souligne que le Royaume dispose d'un cadre juridique encadrant strictement l'usage des technologies de surveillance. Le gouvernement rappelle que le Maroc coopère avec les instances internationales dans la lutte contre le terrorisme. Cette position officielle a été relayée par MarocPresse et d'autres médias nationaux.
Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a publié le 1er octobre 2026 un rapport (S/2026/781) confirmant que les négociations sur le Sahara se tiennent sur la base de la proposition marocaine d'autonomie, conformément à la résolution 2797 du 31 octobre 2025. Trois cycles de discussions ont eu lieu début 2026 à Washington (18-19 janvier), Madrid (8-9 février) et Washington (23-24 février), réunissant le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie. Les échanges ont porté sur un éventuel Conseil de transition, les garanties internationales, le partage des ressources, l'amnistie, le désarmement et les systèmes électoraux. Le blocage persiste sur la question de la souveraineté et de l'autodétermination.
António Guterres recommande une prorogation du mandat de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) jusqu'au 31 octobre 2027. Le Conseil de sécurité doit se prononcer avant le 31 octobre 2026, date à laquelle le mandat actuel arrive à expiration. Le Maroc, qui brigue un siège non permanent au Conseil de sécurité pour 2028-2029, suit ce dossier avec une attention particulière. Cette échéance constitue un moment diplomatique clé pour Rabat.
La visite annoncée du roi Felipe VI à Sebta et Melilla suscite des tensions entre le Maroc et l'Espagne, selon les médias marocains et espagnols. Ces deux enclaves espagnoles situées sur la côte nord du Maroc font l'objet d'un différend territorial ancien. La résolution du Parlement européen sur les événements de Sebta a ajouté une couche supplémentaire de complexité aux relations bilatérales. Le Maroc n'a pas officiellement commenté cette visite, mais des sources diplomatiques évoquent une certaine crispation.
L'économie marocaine a enregistré une croissance de 4 % au deuxième trimestre 2026, selon les données citées par maroc.ma. Cette performance s'inscrit dans un contexte de reprise progressive après plusieurs années de perturbations liées à la pandémie et aux chocs externes. Le secteur touristique contribue fortement à cette dynamique, avec 14,1 millions de touristes à fin août 2026. Ces chiffres témoignent de l'attractivité retrouvée du pays auprès des visiteurs étrangers.
L'Office marocain de la propriété industrielle et commerciale (OMPIC) a enregistré la création de 60 908 entreprises sur les sept premiers mois de 2026, selon les données publiées le 5 octobre. Ce chiffre reflète un dynamisme entrepreneurial dans un contexte de stabilité macroéconomique relative. La création d'entreprises est souvent considérée comme un indicateur avancé de la confiance des acteurs économiques. Ces nouvelles entreprises sont majoritairement des très petites entreprises (TPE), selon les catégories utilisées par l'OMPIC.
En France, le chanteur marocain Saad Lamjarred a été condamné à dix ans de prison, une décision judiciaire qui a suscité de nombreuses réactions au Maroc et à l'international. Une épidémie de diphtérie a été signalée dans la région de Youssoufia, selon les informations rapportées par Yabiladi. Ces événements ont alimenté les discussions sur les réseaux sociaux et dans la presse marocaine. Ils illustrent la diversité des sujets qui font l'actualité du pays.
L'équipe nationale de football du Maroc, les Lions de l'Atlas, a été tenue en échec par le Mali sur le score de 1-1 lors d'un match disputé les 4 et 5 octobre 2026. Ce résultat intervient dans le cadre des éliminatoires pour les compétitions internationales. Le football reste l'un des principaux vecteurs d'image du Maroc à l'étranger, particulièrement après les performances remarquables de ces dernières années. Les supporteurs marocains suivent avec attention les prestations de la sélection.
Le Marrakech Air Show se tient du 7 au 10 octobre 2026 et réunit environ 200 exposants venus de 27 pays, selon la presse marocaine. Ce salon aéronautique est devenu un rendez-vous important pour l'industrie de la défense et de l'aviation civile dans la région. Il permet au Maroc de renforcer ses partenariats industriels et technologiques dans un secteur en pleine croissance. L'événement se déroule dans un contexte de développement de l'écosystème aéronautique marocain, notamment à Casablanca et Tanger.
Casablanca accueille une épreuve de la Coupe du monde d'épée, un événement sportif international qui attire des athlètes de plusieurs pays. Cette compétition s'inscrit dans la stratégie marocaine d'accueil de grands événements sportifs, qui s'est renforcée ces dernières années. Le Maroc cherche à diversifier son offre sportive au-delà du football, en misant sur des disciplines moins médiatisées. Ces rendez-vous contribuent à la promotion de la destination Maroc auprès du public international.
Le Maroc organise également un Congrès mondial de flamenco, un art étroitement lié à l'histoire et à la culture andalouses partagées entre le Maroc et l'Espagne. Cet événement culturel témoigne de la richesse des échanges artistiques entre les deux rives de la Méditerranée. Il s'adresse à un public de spécialistes, d'artistes et d'amateurs de cet art. La tenue de ce congrès au Maroc souligne l'importance du patrimoine culturel commun dans les relations bilatérales.
Le pic d'intérêt médiatique autour du Maroc s'explique principalement par trois facteurs : la formation du nouveau gouvernement avec, pour la première fois, une femme à sa tête, la publication du rapport d'Amnesty International sur Pegasus, et les dossiers diplomatiques sensibles que sont le Sahara et Sebta-Melilla. Ces trois sujets se renforcent mutuellement et attirent l'attention des médias internationaux. La conjonction de ces événements crée une fenêtre d'actualité particulièrement dense pour le pays. D'autres sujets, comme l'économie ou le sport, complètent ce tableau sans en constituer le cœur.
Plusieurs incertitudes demeurent : la composition exacte du futur gouvernement marocain n'est pas encore connue au 6 octobre 2026, et les négociations de coalition pourraient durer plusieurs semaines. Le Conseil de sécurité doit se prononcer avant le 31 octobre sur la prorogation de la MINURSO, sans que l'issue soit certaine. Les accusations contenues dans le rapport d'Amnesty International restent contestées par Rabat, qui n'a pas fourni de réponse détaillée point par point. Enfin, l'impact économique de ces événements politiques sur la confiance des investisseurs n'est pas encore mesurable.